
Hyperviolence chez les jeunes : non, ce n’est pas un fait divers
- Posted by Lou ken
- Categories adolescence, parents
- Date 5 February 2026
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Je vais le dire clairement… non, ce n’est pas un fait divers. Non, ce n’est pas un “épiphénomène” qu’on range dans un tiroir avec l’étiquette “émotion médiatique” avant de passer à autre chose. Le terme hyperviolence est devenu incontournable dans notre société.
Quand un étudiant de 19 ans, à Lyon, est roué de coups et dépouillé, et que les suspects sont des mineurs, ce n’est pas une anecdote urbaine… c’est un signal.
Quand une professeure est poignardée par un élève de 14 ans à Sanary-sur-Mer… ce n’est pas une micro-secousse… c’est une fracture.
Quand une collégienne est agressée, filmée, humiliée devant un établissement près de Lyon… ce n’est pas “une histoire de jeunes”… c’est une culture qui se détraque.
Il est crucial de comprendre que cette réalité est souvent décrite par le terme hyperviolence, qui englobe des comportements extrêmes chez les jeunes.
Et je veux ajouter quelque chose d’important : je ne nie pas la complexité. Mais je refuse la minimisation. Parce que minimiser, c’est déjà abandonner.
Oui, les chiffres sont nuancés… mais la gravité monte
On peut tenir deux idées vraies en même temps.
- La délinquance des mineurs ne progresse pas forcément partout et tout le temps… certains indicateurs baissent.
- Mais les actes les plus violents et les plus graves, eux, augmentent… et ce sont précisément ceux qui détruisent la confiance collective en l’école, en l’autorité, en la sécurité, en la civilisation du “vivre ensemble”.
Le problème n’est pas seulement le volume… c’est la nature des actes, leur brutalité, leur mise en scène, parfois leur banalisation.
Le surmoi qui recule, le narcissisme qui avance
Voilà mon point de vue, engagé, assumé.
Je pense que le surmoi a reculé, et qu’à sa place s’installe trop souvent un narcissisme tout-puissant… dopé au plaisir immédiat, sans délai, sans frustration, sans limite.
La phrase intérieure devient :
“Je veux ça… je prends ça… même par la force… et personne ne peut m’en empêcher.”
Ce n’est pas “la faute des jeunes” comme on dirait “la faute à pas de chance”. Un adolescent n’est pas une météorite… c’est un produit d’environnement. Et l’environnement, aujourd’hui, mélange plusieurs cocktails explosifs.
Les causes : ce n’est pas le hasard, c’est une mécanique
1) Familles en tension, repères en miettes
L’OMS rappelle que la violence des jeunes est multifactorielle, et que les facteurs familiaux comptent énormément : exposition à la violence, supervision incohérente, climat conflictuel, manque de repères stables.
On n’a pas besoin d’être psychanalyste… pour comprendre qu’un enfant élevé dans la loi du plus fort apprend vite la grammaire du plus fort.
2) Écrans : solitude, désensibilisation, imitation
Je le dis sans hystérie, mais sans naïveté : l’écran non accompagné peut devenir une école parallèle… une école sans adulte, sans nuance, sans réel.
La question n’est pas “écrans oui/non”… la question c’est médiation, limites, présence. Et quand il n’y a plus de présence, il reste souvent la meute numérique.
3) Le vide social : “plus de pilote dans l’avion”
Quand une société donne l’impression qu’il n’y a plus de cap, plus de sens commun, plus de récit collectif… certains cherchent une sensation forte pour sentir qu’ils existent.
La violence devient un raccourci identitaire : j’existe parce que je fais peur.
Pourquoi “les ateliers d’empathie” ne suffisent pas
On peut faire autant d’ateliers que l’on veut pour les enfants… cours d’empathie, “secouristes de santé mentale”, gadgets pédagogiques… si l’enfant retourne ensuite dans le même chaos, on met un pansement sur une fuite d’eau sous pression.
Et il y a un autre sujet : parfois, ces dispositifs servent aussi… à rassurer l’adulte institutionnel. Ça fait une ligne dans un plan. Ça fait une conférence de presse. Ça donne l’impression d’agir.
Mais agir, ce n’est pas “cocher”… c’est transformer.
La clé : des ateliers pour les parents… du concret, pas des slogans
Je parle ici en tant qu’ancien enseignant… et en tant que père. J’ai passé des années auprès de jeunes, notamment en lycée, avec du théâtre, des activités quotidiennes, du développement personnel. J’ai vu un truc très simple :
Quand un parent reprend la main avec calme, cohérence et présence… l’enfant respire.
Quand un parent est perdu, isolé, épuisé… l’enfant devient un bateau sans gouvernail… et parfois, il percute.
Alors oui… je pense que les parents sont responsables de l’éducation de leurs enfants. Responsables ne veut pas dire coupables. Ça veut dire : c’est là que le levier est le plus puissant.
Une proposition : 7 piliers “bon sens + jeu + imaginaire”
Pilier 1 : Réinstaurer la limite claire
Pas la limite humiliatrice… la limite lisible. Prévisible. Stable.
Pilier 2 : Réintroduire la frustration éducative
La frustration est un muscle. Sans muscle… l’enfant casse.
Pilier 3 : Réparer la présence
Présence ne veut pas dire “être parfait”… présence veut dire “être là, vraiment”.
Pilier 4 : Sortir du tout-écran… sans guerre civile
Règles simples, zones sans écrans, horaires… et surtout : alternatives concrètes.
Pilier 5 : Recréer du lien et du groupe sain
Sport, art, théâtre, projets… des lieux où l’énergie se canalise et se transforme.
Pilier 6 : Décharger les émotions autrement que par l’attaque
On apprend à nommer, à respirer, à bouger, à symboliser… sinon, l’émotion sort en violence.
Pilier 7 : Redonner un récit intérieur
C’est ici que j’intègre l’Imaginologie® : remettre l’imaginaire au centre, non pas pour fuir le réel, mais pour réapprendre à se représenter, à choisir, à se projeter, à construire une identité qui ne soit pas basée sur la domination.
Où l’Imaginologie® peut aider concrètement les parents
L’Imaginologie® (dans sa dimension éducative) peut devenir une boîte à outils parentale :
- Jeux symboliques pour parler des émotions sans humiliation
- Rituels simples (non “new age”, juste structurants) pour marquer les règles, les transitions, les réparations
- Théâtre familial : rejouer une scène, inverser les rôles, comprendre l’impact
- Objets-repères (un “caillou-témoin”, une carte, un symbole) pour aider un enfant à se réguler au lieu de déborder
L’idée : remettre du sens, du cadre, de la beauté psychique… là où il n’y a souvent plus que du bruit.
Pour conclure : soit on outille les parents… soit on subit
Je ne crois pas à la solution magique. Je crois à une stratégie de civilisation :
- du cadre clair
- de la présence
- du lien
- et un imaginaire remis au service de la conscience
Parce que si on ne s’occupe pas des racines… on s’étonnera toujours des branches qui cassent.
Si l’imaginologie t’intéresse, apprends les bases gratuitement.
Author: Lou ken
Directeur général de OOMyCoach. Créateur de l'Imaginologie®. Exerce en cabinet depuis 15 ans. Ancien enseignant spécialisé en psychopathologie de l'adolescent. Intervenant en coaching et Imaginologie® en France et au Canada. Auteur, conférencier, formateur
Directeur général de OOMyCoach. Créateur de l'Imaginologie®. Exerce en cabinet depuis 15 ans. Ancien enseignant spécialisé en psychopathologie de l'adolescent. Intervenant en coaching et Imaginologie® en France et au Canada.
Auteur, conférencier, formateur



